Cette 35ème édition de la Solo Concarneau aura donné du fil à retordre aux figaristes qui, une fois encore, ont fait montre d’une extraordinaire homogénéité de haut niveau ! « Du fil à retordre », c’est sans doute ce que retiendra particulièrement notre navigateur granvillais qui, décidément, aura mené une navigation mouvementée.

 

Mauvais sort…

Dès le passage de la première marque, Nicolas arrive dans le trio de tête et se sent pousser des ailes. La période de grâce sera malheureusement de courte durée puisqu’aussitôt, voulant virer de bord, il lui est impossible de manoeuvrer. Le verdict est impitoyable : la vanne de transfert des ballasts ne fonctionne plus. Comment ne pas compromettre la course ? Après un bon quart d’heure de bricolage dans le fond du bateau, il doit se rendre à l’évidence : le système est inutilisable. Il faudra ruser. Désormais, sa mobilité sera réduite puisqu’à chaque changement de direction, il lui faudra 6 minutes au lieu des 30 secondes habituellement requises pour diriger le bateau.

 

D’aventures en aventures…

Point de résignation pourtant. Mais à peine une demi-heure plus tard, c’est l’aérien (système de capteurs de vent en haut du mât) qui se décroche et tombe à l’eau. Cette seconde avarie impactera sérieusement le pilotage du figaro sans toutefois entamer le moral du skipper qui décide de rester philosophe : « Je me suis dit, tant pis ! Le pilote peut toujours être utilisé à l’ancienne, en mode compas, et pour les voiles, eh bien, j’ai compté sur mon instinct ! ».

 

La bataille!

Le manchois reste dans le paquet même si la flotte commence à s’étirer en Baie d’Audierne ; le passage du Raz de Sein sera décisif pour les leaders. Il se retrouve à 2 miles dans le second groupe. Les conditions de courses sont optimales, il gagne quelques places et se retrouve dans les dix premiers. Rien n’est joué, il va falloir se placer stratégiquement à Belle-Ile car la dépression va laisser place à l’anticyclone qui voit se pourvoir un Nord-Est assez fort (jusqu’à 30 nds). « J’étais dans la tête des poursuivants ; on s’est disputé la place avec Adrien Hardy, Xavier Macaire et mon compatriote Alexis Loison. D’ailleurs, on n’a pas arrêté de se croiser sans pour autant prendre les mêmes options, preuve que cette course était techniquement vraiment intéressante ! », explique le granvillais.

Le contournement d’Yeu se révélera malencontreusement compliqué en raison des déboires techniques : « Avec des infos de vent, j’aurais continué au génois, mais là, je suis passé au solent. Je me suis fait doubler… ». Pointé 13ème, Nicolas arrivera à resserrer la flotte sur la fin de course, pour un classement final en 12ème position. Bien qu’ayant su adapter sa stratégie en dépit des avaries, il reste un peu amer : « Yeu m’a été fatal ; c’est un peu rageant de ne pas terminer dans les 10 premiers… Je suis malgré tout assez content de ma vitesse sur cette course. Vivement la prochaine! ».

Le navigateur ralliera son port d’attache dès demain avec, dans les poches, une grosse liste de travaux sur le bateau qui ne compromettra pas, pour autant, la Solo Basse-Normandie du 1er au 3 juin prochain.

 

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